jeudi 2 février 2017

{Chronique} La fille de l'hiver








Auteur : Eowyn Ivey
Editions : Fleuve noir
Collection : -
Date de parution : 2012
Nombre de page : 432 pages









Alaska, 1920. Pour Mabel et Jack, venir s’installer dans ces contrées sauvages représentait à la fois un nouveau départ et leur dernière chance. Depuis la mort de leur bébé des années auparavant, leur douleur les avait isolés des autres et avait entamé petit à petit leur amour. Mais créer un foyer au milieu de cette immensité n’est pas simple, et tandis que Jack s’échine toute la journée aux champs, Mabel dépérit de solitude et de chagrin. Et puis, dans un moment d’insouciance, aux premiers jours de l’hiver, le couple sculpte une petite fille de neige. Le lendemain, ils la retrouvent fondue, les moufles et l’écharpe que Mabel lui avait enfilées, et de petites empreintes de pas partent en direction de la forêt. A compter de ce jour, Mabel et Jack surprennent de temps en temps une petite fille près de leur cabane. Qui est-elle ? Que fait-elle dans la forêt avec son renard roux aussi farouche qu’elle ? Hallucination ? Miracle ? Et si cette fillette était la clé d’un miracle qu’ils n’attendaient plus ?

Mon avis

Je crois que ce livre était un de ceux qui étaient dans ma PAL depuis le plus longtemps. J'ai toujours eu beaucoup de mal à l'en sortir, sans trop savoir pourquoi puisqu'il me faisait vraiment envie, mais cette année pour le challenge Cold Winter, je me suis enfin décidée.

Nous allons rencontrer Mabel et Jack, un couple qui, après avoir perdu leur enfant, à décidé de partir vivre en Alaska pour prendre un nouveau départ. Malheureusement, entre eux, les choses ne vont pas très bien... Faisant chacun leur deuil de leur côté, parler de leur enfant est un tabou, et du coup, le contact est rompu. Ils s'aiment, mais ne savent plus se parler... Un soir d'hiver, lors de la première neige, Mabel décide de sortir voir son mari et s'en suit une bataille de neige. Suite à ça, ils décident de faire un bonhomme de neige et rentrent tous les deux, pour reconstruire leur vie de couple au lit. Le lendemain, le bonhomme de neige à disparu, même les gants et le bonnet en laine avec lesquels Mabel l'avait habillé... A la place, des petites traces de pas, celle d'un enfant, qui s'éloigne vers la forêt... Est ce que le bonhomme de neige à pris vie ? Est ce que Mabel et Jack ne sont pas en train de devenir fous à cause de la solitude ?

Je n'avais jamais lu de roman de cette auteure, et c'est suite aux éloges de Margaud Liseuse que je me suis lancée. En effet, Eowyn nous raconte ici ce qui pourrait ressembler à un conte. Sa plume est douce, tendre, rêveuse. J'ai beaucoup aimé. Le roman est construit en trois parties, et petit à petit, au fil de notre lecture, l'espace temps change selon les parties, et j'ai aussi beaucoup aimé cet aspect, qui évite le côté redondant du fil de l'histoire. La plume de l'auteur n'est pas particulièrement "simple" pour autant, il y a certains passages que j'ai relu avant de passer à la suite, pour être sûre d'avoir bien tout saisi, mais ce n'est pas du tout un inconvénient, puisque les vocabulaire employé est un savoureux mélange entre du contemporain, et l'époque dans laquelle se déroule cette histoire.

J'ai adoré les personnages principaux, Mabel et Jack. Mabel est une femme réservé, et au début, elle à tout du cliché de la femme de maison des années 20. Elle s'occupe de sa maison, fais à manger, ne parle pas vraiment et ne sort pas de sa zone de confort. Pourtant, on décèle très rapidement qu'il y a autre chose à creuser derrière son caractère et son tempérament si calme. Jack pourrait lui aussi ressembler au cliché de l'agriculteur de l'ancienne époque. Travailleur, solitaire, renfermé, il passe son temps dans ses champs et ne prend pas vraiment le temps de se détendre. A eux deux, ils forment en réalité un couple équilibré, puisque chacun se complet dans sa vie plutôt calme, et sa routine. Mais évidemment, il va falloir que les choses changent pour donner du rythme au récit, et c'est ce que l'auteur fait.

L'intrigue quand à elle est je pense ce qui m'a le plus plu dans cette histoire. Entre réécriture de conte, et conte tout court, on est ici dans une ambiance très particulière. J'ai eu l'impression d'être dans une bulle tout au long du récit, et je me suis même surprise à ne plus vouloir quitter le livre des yeux, même quand je ne lisais pas. Il n'était jamais loin de moi, comme ci je voulais être sure de ne rien louper de cette histoire. Je ne veux pas trop vous en dire sur l'intrigue en elle même, mais elle ne m'a pas vraiment surpris (à part pour la toute fin), et dans un sens, je trouve que ça collait parfaitement avec le reste. Comme ci l'auteur ne voulait pas nous faire sortir de notre petit confort de lecture. Ça m'a permis d'être encore plus proche des personnages je crois, et j'ai vraiment eu l'impression de faire partie de leur vie à plusieurs reprises.

En bref, ce livre n'est peut être pas un vrai coup de coeur, mais c'est une des lectures qui m'aura le plus marqué. Un peu comme "Tant que nous sommes vivants" d'Anne-Laure Bondoux, je pense qu'il restera dans ma mémoire un bon bout de temps. Je ne peux que vous le conseiller, parce que vraiment, c'est une merveille. Et aussi incroyable que cela puisse paraître, j'ai trouvé que cette histoire me détendait.

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